Matériel médical & paramédical

Bas de contention en pharmacie : comment choisir la bonne classe de compression ?

Élise Carrel-Bazin 4 min de lecture
Bas de contention en pharmacie, choix de la compression veineuse

La sensation de jambes lourdes, les œdèmes ou les varices sont des manifestations d’une insuffisance veineuse nécessitant une prise en charge adaptée. En pharmacie, les bas de contention sont des dispositifs médicaux conçus pour exercer une pression dégressive, plus forte à la cheville et décroissante vers le haut de la jambe. Cette action favorise le retour du sang vers le cœur et limite la stase veineuse.

Comprendre l’action de la compression veineuse

Le fonctionnement d’un bas de contention repose sur la pression mécanique. En comprimant les veines superficielles, le tissu réduit leur diamètre, ce qui augmente la vitesse de circulation sanguine et empêche le reflux du sang vers le bas. Ce dispositif soulage les symptômes immédiats comme la douleur ou les picotements et prévient des complications telles que la thrombose veineuse profonde ou l’ulcère variqueux.

Schéma explicatif du fonctionnement des bas de contention en pharmacie
Schéma explicatif du fonctionnement des bas de contention en pharmacie

Les 4 classes de compression : quelle indication pour quel besoin ?

La classification française est normée et se divise en quatre niveaux, exprimés en millimètres de mercure (mmHg), qui correspondent à la force de compression exercée.

Tableau comparatif des classes de bas de contention en pharmacie
Tableau comparatif des classes de bas de contention en pharmacie

Classe I et II : la prévention et les premiers symptômes

La classe I (10 à 15 mmHg) est utilisée pour les sensations de jambes lourdes passagères, lors de longs voyages ou pour les personnes travaillant en station debout prolongée. La classe II (15 à 20 mmHg), la plus courante, est recommandée pour les varices débutantes, les œdèmes légers ou pendant la grossesse. Ces modèles apportent un soulagement quotidien sans entraver la liberté de mouvement.

Classe III et IV : une prise en charge médicale renforcée

La classe III (20 à 36 mmHg) est prescrite en cas de varices marquées, après une chirurgie veineuse ou lors d’un antécédent de phlébite. La classe IV (supérieure à 36 mmHg) est réservée aux situations complexes, comme les syndromes post-thrombotiques sévères ou les lymphœdèmes chroniques. Ces dispositifs demandent une expertise particulière lors de l’enfilage pour garantir l’efficacité du traitement.

Le rôle du pharmacien : mesure et conseil personnalisé

L’achat en pharmacie permet un accompagnement par un professionnel de santé. Le pharmacien réalise une prise de mesure précise des membres inférieurs. Cette étape est indispensable car un bas trop serré devient inconfortable, tandis qu’un bas trop large perd son utilité thérapeutique.

Règles de remboursement de vos bas de contention | Découvrez les conditions de prise en charge par l’Assurance Maladie pour vos dispositifs de contention veineuse et le calcul annuel des remboursements.

La prise de mesure : l’étape clé pour l’efficacité

Le pharmacien vérifie la tension du tissu à chaque point stratégique de la jambe. Une pression trop faible ne traiterait pas l’insuffisance, tandis qu’une pression excessive, mal répartie, pourrait entraver le retour veineux. En respectant les mesures de circonférence à la cheville, au mollet et parfois à la cuisse, le dispositif assure son efficacité durable sans compromettre le confort.

Le choix du modèle : chaussettes, bas ou collants

Le choix dépend de la localisation des troubles. Les chaussettes sont suffisantes pour les problèmes de cheville et de mollet. Si les varices remontent au-dessus du genou, le bas-cuisse est privilégié. Le collant est recommandé lorsque les symptômes touchent l’ensemble de la jambe.

Prix et remboursement : ce qu’il faut savoir

Le remboursement des dispositifs de compression est régi par des bases fixées par l’Assurance Maladie. Ces tarifs varient selon le type de dispositif choisi.

Type de dispositif Base de remboursement (indicative)
Chaussettes de contention 21,52 €
Bas de contention 28,60 €
Collants de contention 40,36 €

La Sécurité sociale prend en charge ces dispositifs sur la base de ces montants, à hauteur de 60 %. Le reste est couvert par la mutuelle santé. En pharmacie, le service de tiers payant permet souvent de ne pas avancer la part de la Sécurité sociale, sur présentation d’une ordonnance valide.

Marques et innovations

Les pharmacies proposent des gammes issues de laboratoires comme Sigvaris, Thuasne (gamme Venoflex), Innothera (gamme Varisma) ou encore Medi. Ces marques ont amélioré l’observance du traitement avec des tissus plus fins et plus doux. Les finitions, comme les pieds ouverts ou les coutures extra-plates, permettent de porter les bas en toute discrétion. L’entretien régulier, par un lavage quotidien à la main ou en machine sur cycle délicat, est nécessaire pour préserver l’élasticité et l’efficacité du dispositif.

Élise Carrel-Bazin

Partager cet article

Retour en haut